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POURIM

HRAG POURIM SAMEAHR! 

Jeûne d'Esther mardi 4 Mars 2015 dès 5H11 à 18H47 heure de Yaoundé

 

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L'HISTOIRE COMPLETE DE POURIM!

Au temps d'Assuérus...

Livre d'Esther 1, 1

Il y a plus de deux mille ans (en 3392 après la Création du monde), le roi Assuérus monta sur le trône de Perse. Bien qu'il ne fût pas l'héritier légitime de la couronne, il parvint à impressionner le peuple par ses richesses et sa puissance et à établir ainsi son règne sur toute la Perse. Il guerroyait beaucoup et remportait de nombreuses victoires. Son empire, qui s'étendait des Indes à l'Éthiopie, comprenait cent vingt-sept pays.

Le roi, qui avait déjà vivement impressionné le peuple perse par son opulence, l'impressionna davantage encore par son mariage avec Vachti, fille du roi de Babylonie, Balthazar, et petite-fille du puissant empereur Nabuchodnosor. Le peuple était persuadé que la dynastie de Nabuchodonosor était destinée à régner à jamais.

Le roi Assuérus gouvernait avec une main de fer et n'hésitait jamais à persécuter ceux qu'il soupçonnait de trahison. Les ennemis de Juda bien connus pour leurs ruses, les Samaritains et les Ammonites, qui avaient organisé une campagne pour faire abolir le décret impérial perse du roi Cyrus, autorisant les Juifs à reconstruire le Temple de Jérusalem, profitaient de la situation. Ils corrompaient les gouverneurs perses, nommés pour régner sur le pays de Juda et les pays voisins, pour qu'ils répandissent à la Cour Impériale de Perse des rumeurs selon lesquelles les Juifs en reconstruisant le Temple avaient l'intention de se révolter et de se libérer complètement de la domination perse. Comme ils savaient bien qu'aucune loi ne pouvait être annulée sans le consentement du roi, ces Samaritains sans scrupule décidèrent d'user de mensonges et de déclarer que les Juifs, non seulement reconstruisaient le Temple, mais rebâtissaient, en même temps, les fortifications qui avaient été détruites par le conquérant de Babylonie, le roi Nabuchodonosor. Or, la reconstruction des fortifications autour de Jérusalem était interdite par arrêté impérial. Les Samaritains prétendaient donc que cela suffisait pour faire abroger l'arrêté impérial du roi Cyrus, autorisant les Juifs à rebâtir leur Temple.

Cependant, ils craignaient de dire de tels mensonges, faciles à dévoiler, et dont les conséquences pouvaient être redoutables. Aussi, ils machinèrent une ruse grâce à laquelle ils ne risqueraient pas d'être tenus responsables de fausses accusations. Comme l'accusation originale était écrite en langue samaritaine, ils offrirent de l'argent aux secrétaires du roi chargés de la traduire, pour que soient ajoutés les mots « murs de fortifications » à la partie du texte ayant trait au Temple. Ils espéraient ainsi pouvoir justifier leur mensonge, en invoquant une simple erreur de traduction. Les deux secrétaires qui présentèrent au roi le document s'appelaient Rahoum et Chamchi1 et avaient une haine féroce pour les Juifs. L'intrigue réussit, si bien que, par la machination et la rouerie de leurs ennemis, les Juifs reçurent l'ordre d'arrêter la construction du Temple.

Au temps où le roi Assuérus occupait le trône royal à Suse...

Dès qu'Assuérus se fut fait proclamer roi de Perse, il décida de se servir du trône du roi Salomon pris en butin aux rois de Juda.

Ce trône était le plus merveilleux trône sur lequel un roi se fût jamais assis. Il était en ivoire, recouvert d'or, serti de rubis, saphirs, émeraudes et autres pierres précieuses qui jetaient des feux de couleurs éblouissantes.

Il avait six marches dont chacune devait rappeler un des six commandements spéciaux qu'un roi d'Israël devait observer. Sur chaque marche deux animaux en or se faisaient face, sur la première, un lion et un bœuf, sur la seconde, un loup et un agneau, sur la troisième, un tigre et un chameau, sur la quatrième, un aigle et un paon, sur la cinquième, un chat et un coq, sur la sixième enfin, un faucon et une colombe. À la partie supérieure du trône, une colombe en or tenait, dans son bec, un faucon en or.

Sur le côté, s'élevait au-dessus du trône une splendide Ménorah (candélabre) en or pur, ornée de coupes, de boutons, de pétales de fleurs, le tout en or. De chaque côté de la Ménorah (candélabre) se dressaient sept branches. D'un côté étaient gravés les noms des sept pères du monde : Adam, Noé, Sem, Abraham, Isaac et Jacob avec Job au milieu. De l'autre côté étaient gravés les noms des hommes les plus pieux : Lévi, Kehat et Amram, Moïse et Aaron, Eldad et Médad et ‘Hour au milieu.

De chaque côté du trône se trouvait une chaise spéciale en or, l'une pour le Grand Prêtre et l'autre pour le Segan (le vice-prêtre), entourées de soixante-dix chaises en or pour les soixante-dix membres du Sanhédrin (la Cour de Justice suprême), vingt-quatre vignes en or formaient un large dôme au-dessus du trône.

Quand le roi Salomon montait sur le trône, un mécanisme se mettait en marche. Dès qu'il avait touché la première marche, le bœuf d'or et le lion d'or tendaient leurs pattes pour soutenir le roi et l'aider à atteindre la marche suivante. De chaque côté, des animaux maintenaient fermement le roi jusqu'à ce qu'il fût bien assis sur le trône. Mais à peine avait-il pris place qu'un aigle d'or lui apportait la grande couronne et la maintenait juste au-dessus de sa tête pour qu'il n'en sentît pas le poids élevé.

Ensuite la colombe d'or s'envolait au-dessus de l'Arche sainte, en sortait une petite Torah en forme de rouleau et la mettait sur les genoux de Salomon, conformément aux préceptes de la Torah selon lesquels elle devait toujours accompagner le roi et lui servir de guide pour régner sur Israël.

Le Grand Prêtre, le vice-prêtre et les soixante-dix membres du Sanhédrin se levaient et saluaient le roi. Ensuite, ils s'asseyaient pour rendre leur jugement dans les affaires qui leur avaient été présentées.

Tous les rois et princes de cette époque parlaient du trône de Salomon et venaient pour admirer sa beauté et son ingéniosité.

Plus tard, lorsque le roi Pharaon Néco envahit le pays de Juda, il s'en empara, mais en mettant le pied sur la première marche, le lion d'or lui asséna un coup si violent à la cuisse, qu'il tomba et demeura infirme toute sa vie. C'est la raison pour laquelle on lui donna le sobriquet « néco » – ce qui veut dire « le boiteux ».

Plus tard encore, lorsque Nabuchodonosor détruisit le Temple et conquit également l'Égypte, il emmena le trône à Babylone. Mais, lorsqu'il essaya d'y monter, le lion le fit tomber, de sorte qu'il n'osa plus s'y asseoir. Puis, le roi Darius de Perse conquit Babylone et emporta le trône en Médie.

Lorsqu’Assuérus voulut à son tour monter sur le trône, il reçut un coup dans le bas du dos et tomba. Il n'essaya plus jamais de s'y asseoir, mais il fit appeler des hommes renommés d'Égypte et leur ordonna de lui construire un trône analogue à celui du roi Salomon. Ceux-ci travaillèrent presque trois ans pour réaliser le trône et c'est à cette occasion qu'Assuérus donna une grande fête.

Il offrit un festin dans la troisième année de son règne...

Esther 1, 3

Le roi Assuérus, qui était un usurpateur, cherchait constamment de nouvelles méthodes pour renforcer sa puissance et gagner les faveurs de la masse, ainsi que celles des hommes d'État qui appartenaient à la cour royale.

Il transféra, pour cela, la capitale de Babylone à Suse, en Perse. Mais ce qui impressionna plus encore ses sujets fut la fête royale qu'il donna et qui dura cent quatre-vingts jours, soit presque six mois. Tous les représentants des nations de son grand empire furent invités à y assister. Après ces six mois, il organisa un festin spécial pour toute la population de Suse, qui dura sept jours. Au cours de cette fête, dont le but était de lui gagner la popularité et la sympathie de la grande masse, des places d'honneur furent assignées à de simples citoyens, qui n'avaient qu'à exprimer une demande pour que celle-ci fût exaucée.

Il existait une vieille coutume perse qui voulait que, pendant un repas important, chaque invité bût jusqu'à la lie un grand gobelet de vin, presque les cinq huitièmes d'un seau. (Cette coutume devait son origine aux brasseurs et marchands de vin qui en tiraient profit.) Mais le roi Assuérus, soucieux de donner satisfaction à tout le monde, ne tint pas compte de cet usage, car il ne voulait pas que ses invités eussent à faire quoi que ce soit contre leur gré. Et D.ieu dit :

« Sot et vaniteux ! Comment peux-tu essayer de donner satisfaction à tout le monde ? Lorsque deux navires doivent aller dans deux directions opposées, l'un vers le sud, l'autre vers le nord, un homme peut-il faire lever un vent capable de les pousser tous deux ? Demain, deux hommes viendront, Mardochée et Haman. Tu ne pourras pas faire plaisir à chacun. Tu seras obligé de louer l'un et de dégrader l'autre. D.ieu seul peut donner satisfaction à tous. »

Le roi Assuérus fut un peu ennuyé en pensant qu'il avait donné l'ordre d'arrêter la construction du Temple de Jérusalem. Mais la peur commença vraiment à le saisir à l'approche du terme des soixante-dix ans d'exil, prévus par les prophètes juifs, car il craignait que la restauration de l'État juif et la reconstruction du Temple de Jérusalem ne vinssent ébranler les fondations sur lesquelles reposait son vaste empire. C'est dans cette angoisse qu'il attendait la fin de ces soixante-dix années.

Selon les calculs d'Assuérus, les soixante-dix ans d'exil devaient se terminer pendant la troisième année de son règne. Lorsqu'il vit arriver cette date sans que rien ne se produisît, il devint très joyeux et il crut que les Juifs resteraient toujours ses sujets, sans jamais recouvrer leur puissance et leur indépendance.

Il se réjouissait également pour une autre raison. Il se sentait en sécurité et très fort. En effet, il était si sûr de sa puissance qu'il n'hésita pas à orner ses tables avec de la vaisselle précieuse et sacrée du Saint Temple, capturée par le terrible Nabuchodonosor.

Comme toutes les autres nations, les Juifs furent invités à assister à la fête royale. Haman y vit une occasion de leur tendre un piège, pour les forcer à manger de la nourriture non-cachère. Il profita de la colère et du courroux que le Seigneur avait à ce moment-là contre Son peuple, pour persécuter les Juifs et mettre à exécution son projet de les anéantir.

Mardochée qui, à cette époque, était le grand chef des Juifs, eut vent de cette ruse. Il exhorta donc les Juifs à éviter le Palais, afin de ne pas être frappés par le courroux de l'Éternel. La grande majorité des Juifs suivit le conseil de Mardochée, mais quelques-uns n'obéirent pas et se rendirent au Palais pour assister à la fête qui devait s'y dérouler. À leur consternation, ils découvrirent sur les tables les objets du Saint Temple et se retirèrent. Mais le roi s'empressa d'ordonner à ses serviteurs de mettre des tables spécialement pour les Juifs. Les invités juifs, abandonnant toute fierté, mangèrent des mets et burent du vin non-cachère, et s'amusèrent autant que tous les autres invités.

Le Seigneur, très irrité de la désobéissance de Son peuple, ordonna qu'il fût persécuté par Haman et décida qu'il ne serait sauvé que lorsqu'il retournerait à Lui de tout son cœur.

Mais la reine Vachti refusa de se rendre à l'ordre que le roi lui avait fait transmettre...

Esther 1, 12

Le septième et dernier jour de la grande fête donnée au palais royal, était un Chabbat. Alors que les Juifs pieux ne travaillaient pas, mais disaient des prières et étudiaient la Torah, les orgies au palais ne s'arrêtaient pas.

Le roi, la langue déliée par le vin, se mit à se vanter de ses richesses, de son immense empire et même de Vachti, la reine, qui par sa beauté et son charme extraordinaires, surpassait toutes les autres femmes. Rendu téméraire par les liqueurs capiteuses qu'il absorbait, un des invités mit le roi au défi de prouver la véracité de ses paroles et de permettre à Vachti de montrer sa beauté aux convives. Le roi fit immédiatement chercher Vachti, la reine, avec l'ordre de se présenter aux invités.

Vachti avait au fond du cœur une haine terrible contre les Juifs, haine dont elle avait hérité du roi Nabuchodonosor, son grand-père. Elle prenait plaisir à torturer les enfants juifs en envoyant les chercher le jour du Chabbat et en les forçant à accomplir toutes sortes de travaux avilissants. Lorsque le roi la fit appeler, elle s'écria avec indignation : « Est-ce possible que l'on m'envoie chercher comme une simple esclave et que l'on me demande comme une servante ? » Et, avec beaucoup d'audace, elle refusa d'obéir à l'ordre du roi et de venir dans la grande salle où avait lieu le banquet.

Le roi Assuérus se mit dans une grande colère. Il réunit les sages conseillers de son royaume pour juger et condamner Vachti pour sa désobéissance. Mais tous craignaient de parler. Tous, sauf Haman qui, à cette époque, était un fonctionnaire inconnu appelé Mémoukhan et qui, de tous ces hommes, avait le grade le plus bas. Il conseilla au roi d'exécuter Vachti, car, disait-il, son geste honteux pourrait avoir des conséquences d'une grande portée. Vachti fut donc exécutée pour rébellion. Cependant, ce ne fut pas par une simple coïncidence que la cruelle Vachti fut mise à mort un jour de Chabbat : elle payait les souffrances qu'elle avait causées si souvent aux enfants juifs, le jour du Chabbat.

Or il y avait à Suse, un Juif...

Esther 2, 5

Après la mort de Vachti, des recherches furent entreprises dans tout le royaume pour trouver au roi une femme convenable. Toutes les belles filles du pays furent emmenées au palais pour que le roi pût en choisir une qui remplaçât Vachti.

À Suse habitait un Juif pieux et savant appelé Mardochée. Il avait une cousine charmante et gentille, nommée Esther ou Hadassah. C'était son cousin Mardochée qui l'avait élevée, car elle était orpheline.

La plupart des parents auraient considéré le mariage de leur fille avec le roi, comme un honneur rare et un privilège immense. Cependant, Mardochée craignait le jour où Esther serait appelée à se présenter à la cour du roi, car il savait qu'il ne pourrait pas la cacher longtemps. Finalement, les autorités entendirent parler d'Esther et vinrent la chercher pour la conduire au palais royal.

Les recherches pour remplacer Vachti avaient duré plusieurs années. Les filles les plus belles de toutes les cent vingt-sept provinces de l'empire furent réunies dans le palais du roi à Suse, chacune souhaitait être choisie comme reine. Toutes subirent des traitements de beauté et reçurent les robes les plus somptueuses qu'elles pouvaient désirer. Esther fut la seule à ne rien demander. Pourtant, dès son arrivée au palais, tout le monde fut séduit par sa modestie et elle fut traitée avec respect et déférence. Sa beauté venait du rayonnement de son âme, ce qui lui donnait un charme et une grâce dont elle seule avait le secret. Bien qu'Esther ne fût nullement la plus belle des jeunes filles qui avaient été réunies, le roi lui donna la préférence. Lorsqu'elle apprit qu'elle avait été choisie pour devenir reine, elle s'entoura de loyaux serviteurs juifs qui l'approvisionnaient de nourriture cachère et elle cachait qu'elle était juive, car Mardochée lui avait dit de ne révéler son origine que le jour où elle serait obligée de le faire. Le roi ne connaissait donc pas la nationalité d'Esther. Il savait seulement qu'elle était orpheline. Tous les jours, Mardochée se rendait au palais pour prendre des nouvelles. Il trouvait que la jeune fille avait un bien malheureux sort, mais il se consolait en pensant qu'elle avait été choisie par D.ieu pour son dévouement à Sa cause, pour aider le peuple juif en cas de besoin. Mardochée sentait que de sombres nuages se levaient à l'horizon et prévoyait des jours difficiles pour ses frères juifs.

Dans ce même temps... deux chambellans du roi... formèrent le projet de porter la main sur leur maître.

Esther 2, 21

Après avoir été choisie comme reine de Perse, Esther demanda au roi pour quelle raison il n'avait pas pris un conseiller juif, comme l'avaient fait les autres rois. Elle lui rappela que, même le puissant Nabuchodonosor avait un conseiller juif, le prophète Daniel. Le roi répondit qu'il ne connaissait aucun Juif digne d'être nommé conseiller. « Il y a Mardochée », répliqua Esther « c'est un homme sage, pieux et loyal. » C'est ainsi que Mardochée devint conseiller du roi.

Un jour Mardochée surprit à la cour une conversation entre deux valets du roi, Bigthan et Thérèch. Il apprit qu'ils avaient l'intention d'empoisonner le roi parce qu'il les avait destitués de leur charge de Grand Chambellan et les avait placés en dessous de Mardochée. Ils voulaient faire croire à tous qu'aussi longtemps qu'ils s'étaient occupés du roi, sa vie avait été en sûreté, mais qu'il avait suffi qu'un Juif fût nommé à la cour, pour qu'il devînt victime d'un empoisonnement. Bien qu'ils fussent Tartiens et parlassent la langue de leur pays, Mardochée, qui, en tant que membre du Sanhédrin, devait pouvoir comprendre toutes les langues, n'eut donc aucune difficulté à suivre leur conversation. Il révéla à Esther le complot qui se tramait, et Esther, à son tour, en informa le roi, au nom de Mardochée.

Après la sieste, le roi demanda sa boisson, comme d'habitude : les deux valets, Bigthan et Thérèch, qui ne se doutaient pas qu'on les suspectait, apportèrent au roi la boisson dans laquelle ils avaient mis du poison. Le poison fut immédiatement découvert dans la coupe et les deux hommes furent condamnés à mort, tandis que, dans le Livre des Annales royales, il fut relaté que Mardochée avait sauvé la tête du roi.

Après ces événements, le roi Assuérus assigna à Haman une place au-dessus de tous les seigneurs qui étaient auprès de lui...

Esther 3, 1

Le cruel Haman descendait d'Amalek, l'ennemi implacable des Juifs. C'était l'homme le plus riche de son temps. Il avait acquis ses richesses malhonnêtement, en mettant la main sur les trésors des rois de Juda. Le roi Assuérus, fortement impressionné par sa fabuleuse fortune, le nomma chef du conseil des ministres. Il promulgua ensuite une ordonnance prescrivant à chacun à la cour de s'incliner devant Haman, par déférence.

Haman portait sur la poitrine, l'image du dieu qu'il adorait, aussi Mardochée refusait de se prosterner devant lui, malgré les nombreux avertissements qu'il avait reçus de divers officiers de la cour. Lorsqu’Haman lui-même, lui reprocha de ne pas lui accorder l'honneur que le roi lui avait conféré, Mardochée eut une réponse très juste : il dit qu'il était juif et qu'il ne s'inclinerait jamais devant un être humain portant un faux dieu sur la poitrine.

Mardochée et Haman s'étaient déjà rencontrés auparavant en d'autres circonstances. Il y avait de nombreuses années de cela, au temps du roi Cyrus, lorsque les Juifs venaient de recommencer la construction du Temple de Jérusalem. À cette époque, vivait en Samarie une tribu que le roi Sennachérib avait fait venir, après avoir envoyé en exil de nombreux Juifs. Ces Samaritains pratiquaient partiellement la religion juive, mais ne faisaient pas vraiment qu'un avec le peuple juif et la Torah. Lorsque le roi Cyrus donna aux Juifs l'autorisation de rebâtir leur Temple, les Samaritains auraient aimé participer à la construction, mais les Juifs n'avaient absolument pas voulu avoir affaire à eux. C'est pour cette raison que les Samaritains faisaient maintenant tout leur possible pour empêcher les Juifs de réaliser le projet qui leur était cher.

Comme malgré leurs efforts, les Samaritains n'en venaient pas à leurs fins, ils s'adressèrent à la cour royale de Perse en accusant les Juifs de ne pas se contenter de la reconstruction du Temple, mais d'organiser une rébellion contre la domination perse.

Les Samaritains, avec d'autres ennemis des Juifs, choisirent Haman pour les représenter à la Cour et appuyer leurs accusations.

Les Juifs, de leur côté, avaient désigné Mardochée comme délégué et avocat.

Les deux hommes partirent ensemble en Perse. Comme ils étaient obligés de traverser le désert, ils avaient emporté des vivres pour la durée du voyage. Haman, qui était glouton, eut vite épuisé sa réserve de nourriture, tandis que Mardochée en avait conservé assez pour tout le voyage.

Haman qui avait grand faim, demanda à Mardochée de partager avec lui les provisions qui lui restaient. Tout d'abord, Mardochée refusa, mais pris malgré tout de pitié, il accepta à condition qu'Haman devînt son esclave.

Comme ils ne trouvaient aucun papier pour établir le contrat, Haman inscrivit l'engagement suivant sur la semelle d'une des chaussures de Mardochée : « Moi, Haman, descendant d'Agag, je me suis vendu comme esclave à Mardochée, pour du pain. »

Depuis, Haman ne pouvait pardonner à Mardochée cette humiliation et il craignait constamment que Mardochée ne le fasse tenir l'engagement qu'il avait pris.

Naturellement, Mardochée n'avait jamais songé à en tirer profit. Cependant, lorsqu'Haman devint chef du conseil des ministres, et exigea que Mardochée s'inclinât devant lui, celui-ci ôta sa chaussure et l'agita en l'air. Haman tint sa langue et se tut, mais dans sa rage, il se jura de détruire Mardochée et tous les Juifs.

Alors Haman dit au roi Assuérus : « Il y a un peuple... » 

Esther 3, 8

Il ne fallut pas longtemps à Haman pour découvrir un moyen grâce auquel il espérait anéantir les Juifs des 127 pays de la Perse et, parmi eux, son pire ennemi : Mardochée.

Sans perdre de temps, il établit une longue liste de fausses accusations contre les Juifs. Pour leur donner une plus grande apparence de véracité et mieux abuser de la naïveté du roi, quelques-unes étaient exactes ou partiellement exactes. Haman se rendit auprès du roi et lui dit que le peuple devenait impatient et qu'il fallait lui procurer une diversion. Il ajouta que le temps était d'ailleurs venu de persécuter les Juifs.

Mais le roi répliqua timidement :

« Cependant, leur D.ieu est puissant et il se pourrait que je subisse le même sort que Nabuchodonosor et d'autres monarques qui s'en étaient pris au peuple juif. »

Haman lui dit alors :

« Mais il y a longtemps que les Juifs ont délaissé leur D.ieu. »

– Mais n'y a-t-il pas, parmi eux, des hommes pieux et dévoués ? demanda le roi.

– Ils sont tous pareils, ils ne valent pas mieux les uns que les autres, répondit l'interlocuteur.

Le roi continua à argumenter en disant :

« Mais cela pourrait nuire aux intérêts de mon royaume. »

Sur quoi Haman lui expliqua que les Juifs étaient éparpillés sur tout le territoire et qu'on ne se rendrait pas compte de leur disparition. Haman continua à diffamer et à avilir les Juifs aux yeux du roi, en avançant l'argument qu'ils se tenaient à l'écart, qu'ils vivaient, mangeaient et buvaient entre eux, qu'ils ne se mêlaient pas au peuple et n'épousaient pas les jeunes filles du pays, qu'ils étaient peu débrouillards et paresseux, car souvent ils observaient des jours de repos comme le Chabbat, Pessa'h, Chavouot, Souccot, etc.

Mais D.ieu l'entendait parler ainsi et pensait : « Méchant homme ! Tu te plains des fêtes que les Juifs célèbrent. Eh bien, Je leur en donnerai une autre, pour qu'ils puissent célébrer ta chute. »

Haman offrit au roi dix mille étalons d'argent en compensation des dépenses qu'entraîneraient les persécutions des Juifs. Mais le monarque sourit et dit : « Garde l'argent et prends les Juifs avec. Fais d'eux ce qu'il te plaira. »

En marge de cette transaction, nos Sages racontent la parabole suivante :

Il y avait deux fermiers dont les champs étaient voisins. Dans le premier champ se trouvait un grand puits que le propriétaire voulait remplir de terre, tandis que dans le deuxième champ se trouvait une colline que le propriétaire voulait supprimer. Un beau jour, les deux hommes se rencontrèrent. Le premier dit au second : « Veux-tu me vendre ta colline, car je voudrais combler mon puits ? » À quoi l'autre répondit : « Tu es l'homme que je cherche. Je te donne la colline gratuitement, car je songeais à m'en débarrasser. »

Comme preuve de sa sincérité, le roi Assuérus retira sa chevalière et la donna à Haman, l'investissant ainsi du pouvoir absolu.

Haman avait maintenant les mains libres. Il pouvait publier des décrets et lancer des ordres, si bien que les Juifs étaient à sa merci. Et Haman jubilait.

Il ne perdit pas de temps pour mettre à exécution ses noirs desseins. Il fit immédiatement appeler les scribes du roi et leur donna l'ordre de préparer deux décrets royaux à faire parvenir à tous les ambassadeurs et gouverneurs des 127 provinces.

La première ordonnance prescrivait à tous les gouverneurs de donner des armes au peuple pour le 13 Adar, afin que, ce jour-là, ils massacrent un certain groupe particulièrement nuisible. La deuxième ordonnance indiquait le nom du groupe, mais cette ordonnance était cachetée et les gouverneurs n'avaient pas le droit de l'ouvrir avant le 13 Adar. Cette ordonnance indiquait, en termes non équivoques, que le peuple perse devait attaquer et tuer tous les Juifs, les jeunes et les vieux, les femmes et les enfants, partout où ils se trouvaient.

Les deux ordonnances dûment signées furent cachetées et envoyées par courrier rapide à tous les satrapes du royaume. Elles étaient munies du cachet de la chevalière du roi et étaient donc irrévocables.

Le rusé Haman avait pris toutes les précautions nécessaires pour que son projet restât secret, afin de surprendre les Juifs et de ne pas leur donner la possibilité de se sauver. Il se frotta les mains, plein de satisfaction, et quitta le palais pour en informer sa méchante femme, Zérèch.

Mardochée, qui se tenait devant les grilles du palais royal, remarqua la joie débordante qui se reflétait sur la figure d'Haman et il comprit que celui-ci tenait une surprise en réserve. Il fit signe à trois jeunes garçons juifs qui sortaient de l'école de s'approcher de lui, pour leur demander ce qu'ils avaient appris dans la journée, à l'école. Un des écoliers cita le verset : « Tu n'auras pas à craindre les terreurs soudaines » (Proverbes 3, 25). L'autre, le verset d'Isaïe : « Formez des projets et ils seront anéantis ; parlez et votre parole n'aura point d'effet, parce que D.ieu est avec nous », tandis que le troisième lui fit entendre un autre verset d'Isaïe : « Jusqu'à votre vieillesse, Je serai le même ; jusqu'à votre blanche vieillesse, Je vous porterai. Je l'ai déjà fait et Je continuerai à vous soutenir. Je vous porterai et vous sauverai ».

Le visage de Mardochée s'éclaira et il embrassa les jeunes garçons avec amour.

Haman qui avait été témoin de cette scène était curieux de savoir la signification de ce qu'il avait vu. Il demanda : « Que vous ont fait ces enfants, pour vous rendre si heureux ? » Et d'un air triomphant, Mardochée répondit : « Ils m'ont apporté de bonnes nouvelles et m'ont dit de ne pas craindre tes machinations. »

Haman devint rouge de colère et s'écria, en agitant les mains en signe de menace : « Je commencerai par les enfants juifs. »

Quand Mardochée fut informé de ce qui s'était passé...

Esther 4, 1

La même nuit, Mardochée fit un rêve étrange. Celui qui vient mettre le peuple juif en garde, lorsque le danger est imminent, le prophète Elie, cet admirable protecteur, lui apparut en songe. Il s'adressa à Mardochée et lui révéla le complot d'Haman. Le prophète ajouta que les Juifs étaient menacés, car ils n'avaient pas respecté les commandements de la Torah, puisqu'ils avaient mangé de la nourriture non-cachère. Seul un profond repentir pouvait les sauver.

Sorti de son sommeil, Mardochée déchira ses vêtements et se rendit dans les rues de la capitale. Ses grands cris et ses pleurs réveillèrent tous les Juifs de Suse. La mauvaise nouvelle se répandit dans la ville comme une traînée de poudre. Lorsqu'ils surent qu'ils étaient condamnés à mourir le 13 Adar, les Juifs éprouvèrent une immense douleur. Vêtu de sacs et des cendres sur la tête, Mardochée arriva aux grilles du Palais. Les fidèles serviteurs d'Esther s'empressèrent de faire part à la reine dans quel état il se trouvait. Ces nouvelles inquiétèrent Esther. Désireuse de savoir la raison pour laquelle son cousin était ainsi affligé, Esther lui fit parvenir des vêtements pour qu'il puisse les changer contre les siens, avec lesquels il n'aurait pu entrer au palais, et lui demanda de venir la voir pour lui raconter ce qui était arrivé. Mardochée refusa d'enlever les sacs, mais il envoya à la reine, par l'intermédiaire du fidèle serviteur Hathakh, un petit mot, auquel était jointe la copie du décret royal publié à Suse. Il demanda à la reine d'intervenir auprès du roi pour sauver le peuple juif. Mardochée, en effet, était convaincu que si Esther était devenue reine, ce n'était que pour lui permettre à lui, Mardochée, d'aider son peuple à une époque aussi décisive.

Il était temps qu'elle révélât au roi sa nationalité et qu'elle sollicitât de lui qu'il ne fût fait aucun mal aux Juifs, au sujet desquels il avait été induit en erreur par Haman.

Esther écrivit à Mardochée ces lignes : « Cher Cousin, je suis prête à faire tout mon possible, mais tu connais certainement les instructions rigoureuses que le roi a données sous l'influence d'Haman, selon lesquelles toute personne pénétrant dans la cour intérieure du palais sans y avoir été invitée, sera mise à mort, à moins que le roi ne lui tende son sceptre d'or. Le rusé Haman a dû prévoir que j'essaierais de voir le roi. Malheureusement, je n'ai pas eu, ces temps derniers, la faveur de le voir. Il y a trente jours déjà qu'il ne m'a pas invitée. Comment puis-je être assurée qu'il acceptera de me recevoir et me tendra son sceptre ?

Il va sans dire que je n'ai pas peur de mourir pour mon peuple, mais que gagnerait-il, si je devais mourir en vain ? »

Sur quoi Mardochée répondit : « Tes paroles sont écrites de bonne foi et sont sincères, mon enfant. Mais crois-tu pouvoir assurer ton salut en restant à l'abri du palais royal, tandis que tous tes frères vont mourir ? Non, les Juifs seront sauvés, mais si tu ne veux pas risquer ta vie pour eux, il est certain que toi, seule, tu périras. Ce n'est pas le moment de songer à ta sécurité personnelle. Il faut que tu essaies et aies confiance en D.ieu. »

Alors Esther fit répondre à Mardochée : « Va, rassemble tous les Juifs... et jeûnez en ma faveur... De mon côté, je jeûnerai, moi aussi, avec mes servantes.

Esther 4, 15-16

Esther comprit alors le grave danger devant lequel le peuple juif était placé. Oui, elle était prête de tout son cœur à risquer sa vie pour son peuple. Mais quelle situation sans espoir ! Même si elle sauvait sa vie et si le roi acceptait sa demande, les édits portant le cachet royal resteraient irrévocables. Le roi lui-même ne pourrait pas les annuler. Quelle faible chance de réussite ! Cependant, Mardochée avait raison : elle n'avait pas le choix. Esther prit donc la résolution de ne pas abandonner son peuple au moment de la détresse.

Elle demanda à Mardochée : « Dis à tous les Juifs, jeunes et vieux, de jeûner et de prier pendant trois jours, jusqu'à ce que le Seigneur nous entende et ait pitié de nous. Ici, au palais, moi et mes servantes, nous jeûnerons et réciterons des prières aussi, car seul un miracle divin peut sauver nos compatriotes. Après ces trois jours, bien que cela soit interdit, j'irai voir le roi et si je dois périr, je périrai... »

Il était difficile à Mardochée d'accepter la légitime et sage demande d'Esther, parce que ce jeûne coïnciderait avec la fête de Pessa'h. Pourtant, il y allait du sort du peuple entier. Mardochée décida donc de proclamer le jeûne.

Partout où il se trouvait des Juifs dans les 127 provinces de l'empire Perse, ils se conformaient au jeûne et priaient en suppliant D.ieu. Beaucoup d'entre eux se couvraient de sacs et de cendres.

À Suse, Mardochée avait réuni les enfants juifs des écoles et des institutions talmudiques. Vêtus de sacs et des cendres sur la tête, en signe de deuil, les enfants criaient et priaient jour et nuit pour que l'Éternel eût pitié. Lorsque D.ieu vit ces enfants innocents et entendit leurs prières navrantes, Il eut pitié. Il dit : « C'est pour les enfants que Je viendrai au secours de Mon peuple ».

Entre temps, Haman apprit que Mardochée avait organisé de grandes prières à Suse et il se précipita à l'endroit où Mardochée avait assemblé les enfants. En arrivant, il le trouva entouré de vingt-deux mille enfants, tous en prières, des larmes aux yeux. Son cœur de pierre ne s'adoucit pas. Au contraire, il se moqua d'eux : « Vos prières ne serviront à rien. Tout est perdu maintenant. » Ensuite, il ordonna à ses soldats d'enchaîner les enfants et de les garder à vue. « Les enfants mourront les premiers », s'exclama-t-il.

Les mères, le cœur brisé, apportèrent à manger et à boire aux enfants, mais ceux-ci jurèrent qu'ils préféraient mourir en jeûnant. Ils disaient à Mardochée : « Nous resterons ici avec toi jusqu'à ce qu'on nous sépare par force ».

À cet instant, douze mille prêtres juifs, le parchemin de la Torah dans une main et le Chofar dans l'autre, élevèrent leurs voix vers le Seigneur en le suppliant : « O, D.ieu d'Israël, Ton peuple élu doit-il périr ? Qui étudiera la Torah ? Qui restera pour glorifier Ton nom ? Réponds-nous, réponds donc, ô Seigneur ». Ensuite, chacun des prêtres sonna du Chofar et ces sons, se mêlant aux supplications des enfants, percèrent les voûtes du ciel...

Le troisième jour, Esther revêtit ses vêtements royaux et se présenta dans la cour intérieure du palais...

Esther 5, 1

Pendant ces trois jours de jeûne, Esther ne cessa d'adresser des prières à D.ieu, afin de réussir dans la tentative qu'elle allait faire pour sauver son peuple.

Le troisième jour, elle rassembla tout son courage et se dirigea vers la salle du Trône.

En s'y rendant, elle se sentit inspirée par D.ieu et bien que le jeûne prolongé l'eût rendue pâle et faible, elle feignit d'ignorer les gardes du corps du roi et entra dans la salle du Trône où le roi était assis, entouré de ses serviteurs.

Parmi ces derniers se trouvaient les fils d'Haman et ceux qui lui étaient fidèles. Ceux-ci purent à peine retenir leur joie à la vue d'Esther qui entrait sans y être invitée, car si le roi faisait semblant de ne pas la remarquer, elle serait condamnée à mort.

À ce moment, le roi aperçut Esther qui se tenait à l'entrée de la salle. Elle était pâle et avait l'air soucieux, mais sa figure avait un charme angélique. Assuérus lui tendit aussitôt son sceptre et la reine, soulagée et pleine d'espoir, s'approcha et en toucha la pointe.

Très surpris de recevoir cette visite inattendue, le roi lui demanda tendrement : « Quels soucis as-tu, ma chère Esther et que pourrais-je faire pour toi ? Si tu désirais la moitié du royaume, je te le donnerais. »

Esther jugea que le moment n'était pas propice pour révéler au roi ses vraies intentions et elle se contenta de lui demander s'il viendrait assister au banquet qu'elle avait préparé spécialement pour lui et le chef de son Conseil des ministres, Haman.

Le roi accepta immédiatement et envoya des instructions à Haman pour que, lui aussi, assistât à ce banquet.

Esther avait de bonnes raisons d'inviter non seulement le roi, mais aussi Haman. Avant tout, elle ne voulait pas que les Juifs comptassent seulement sur elle, mais qu'ils se souvinssent que le salut dépendait vraiment de D.ieu et de D.ieu seul. En apprenant qu'à l'heure de la détresse, elle avait préparé un banquet et invité leur ennemi le plus farouche, les Juifs commenceraient à douter de sa loyauté et ils retourneraient à D.ieu, en lui adressant des prières encore plus sincères et plus ferventes. De plus, Esther voulait apaiser

les craintes d'Haman qui la suspectait de comploter contre lui, car s'il avait la certitude que ses doutes et suspicions étaient justifiés, il pourrait provoquer une révolte ouverte pour détrôner le roi. En plus de cela, Esther attendait le moment favorable pour éveiller la suspicion et la colère du roi contre son perfide ministre, afin qu'il le renvoyât.

Lorsque le roi et Haman arrivèrent au banquet, le roi lui demanda à nouveau quel était son désir, mais Esther pensa que le moment n'était toujours pas venu pour lui adresser sa requête, et elle l'invita, ainsi qu'Haman, à un deuxième banquet qui devrait avoir lieu le soir suivant. Elle promit de révéler alors ce qu'elle désirait.

Alors, Zérèch, sa femme, et tous ses amis répondirent : « Qu'on fasse préparer un gibet haut de cinquante coudées. »

Esther 5, 14

Les attentions que la reine Esther avait eues pour lui et l'honneur qu'elle lui avait fait, avaient transporté Haman de joie.

« Même la reine, qui est plus riche et plus puissante que moi, reconnaît mon importance », pensait-il.

Mais, en quittant le palais, il rencontra Mardochée, près des grilles. Comme d'habitude, celui-ci négligea la présence d'Haman, aussi, autant ce dernier s'était réjoui quelques instants auparavant, autant il était irrité maintenant.

Haman se précipita chez lui et convoqua un grand conseil de famille. Entouré de ses fils, de sa femme et de ses conseillers, il se vanta de l'honneur que le roi lui avait accordé. « La reine Esther elle-même m'avait invité à un banquet auquel n'a assisté que le roi sans aucun ministre.

Demain, je suis invité à nouveau à dîner avec le roi et la reine. Cependant, quelle valeur ont pour moi ces honneurs, tant que Mardochée, ce Juif, se tient près des grilles du palais, sans s'incliner à mon passage ? Je ne peux plus attendre la date du 13 Adar. »

Il invita ses parents et amis à rechercher une solution pour faire disparaître Mardochée sans délai, mais il leur lança pourtant cet avertissement :

« Vous devez adopter un plan qui n'ait encore jamais échoué, car D.ieu vient toujours au secours de Son peuple pieux. Il ne suffit pas de décapiter Mardochée, car Pharaon avait bien essayé de faire mourir Moïse par l'épée, mais D.ieu changea son cou en pierre. Noyer Mardochée ne serait pas une solution non plus : les eaux de la mer Rouge, une fois déjà, se sont retirées pour laisser passer les Enfants d'Israël. » Il n'osait pas non plus faire crever les yeux de Mardochée, car il se rappelait le sort que Samson, l'aveugle, avait fait subir aux Philistins. Il était également inutile, pensait-il, de brûler Mardochée vif ; il n'y avait, en effet, pas encore si longtemps que les trois ministres juifs de Nabuchodonosor : ‘Hananiah, Michaël et Azariah étaient sortis indemnes du four où ils avaient été jetés. Lui, Haman, aurait préféré donner Mardochée en proie aux lions, mais personne n'ignorait que le prophète Daniel était sorti en parfaite santé de la tanière des lions et que c'étaient ses ennemis qui, finalement, avaient été déchirés par les fauves.

S'adressant à ses conseillers, il leur demanda de rechercher un moyen d'exécution que le D.ieu des Juifs n'ait jamais encore auparavant mis en échec.

Un profond silence plana pendant quelques instants, chacun se demandant par quelle mort affreuse il serait possible de se débarrasser de Mardochée. Tout à coup, l'épouse d'Haman, Zérèch, s'exclama victorieusement : « Pendons Marchodée. Je n'ai jamais entendu dire qu'un Juif ait été sauvé de la pendaison. Dressons une potence de 50 coudées de haut et, demain matin, rends-toi chez le roi pour obtenir la permission de pendre Mardochée. Il ne fait aucun doute que le roi t'accordera une si petite demande. Et tu pourras ensuite te rendre joyeusement au banquet, en compagnie du roi. »

Haman fut enchanté de cette proposition et ne perdit pas un instant pour faire dresser un gibet de 50 coudées de haut dans la cour de son palais.

Cette nuit-là, le roi ne pouvait trouver le sommeil...

Esther 6, 1

Cette nuit-là, des cris d'appel furent adressés aux cieux. Les larmes et les prières des Juifs en détresse, leur repentir et leurs remords sincères en percèrent toutes les voûtes. Les anges consternés se demandaient si D.ieu voulait vraiment anéantir le monde.

Personne ne dormait. Mardochée et les Juifs étaient en prières et imploraient D.ieu. Esther était occupée à préparer le banquet pour le roi et Haman. Même le méchant Haman passa la nuit sans trouver le sommeil. Car il était en train de préparer la potence pour Mardochée. Seul, le roi Assuérus dormait calmement.

Lorsque le Seigneur vit Assuérus dormir si paisiblement, il dit à Gabriel : « Mes enfants sont en danger mortel et ce sot dort tranquillement ! Rends-toi auprès de lui pour troubler son sommeil. »

Le roi s'éveilla subitement et ne put se rendormir. Un grave soupçon lui traversa l'esprit et il se demanda pour quelle raison Esther avait invité Haman à assister au banquet. Ne seraient-ils pas, tous deux, en train de comploter contre lui ? Il commença à s'agiter dans son lit, se tournant et se retournant, pour essayer de chasser ses craintes. Il se disait : « Il se trouvera certainement un serviteur fidèle dans ma maison qui m'avertira en cas de grave danger, à moins que j'aie omis de le récompenser comme il aurait dû l'être. »

« Chamchi, cria le roi, apporte-moi le Livre des Mémoires et lis-moi ce qu'il y est écrit sur les récents événements qui se sont produits ici au palais. Dépêche-toi. »

Chamchi, le fils d'Haman, qui cette nuit-là remplissait auprès du roi les fonctions de chambellan, apporta le livre et se prépara à faire la lecture au roi. En rouvrant, les yeux de Chamchi tombèrent sur le récit rapportant comment Mardochée sauva la vie du roi en lui révélant le complot tramé par Bightan et Thérèch. Chamchi avait hâte de tourner la page, mais celle-ci se retourna d'elle-même. Le roi, qu'une telle maladresse impatientait, se fâcha et dit : « Pourquoi tournes-tu les pages dans tous les sens ? Commence à lire et n'hésite plus. »

D'une voix tremblante, le serviteur lui dit qu'il ne voyait pas bien clair, lorsque, tout à coup, les mots prirent vie : l'ange Gabriel lisait l'histoire de la loyauté de Mardochée et il n'omettait naturellement aucun détail. Tout en écoutant la lecture de Gabriel, le roi avait les yeux fermés : « ... Dans la septième année du règne du grand et puissant Assuérus, deux chambellans du roi, Bightan et Thérèch, formèrent le projet de porter la main sur le roi. Mardochée le Juif, le loyal chef des chambellans, eut connaissance de leur dessein, ayant surpris la conversation de ces deux traîtres. Il en informa la reine Esther et Esther le rapporta au roi... Les deux coquins furent pris en flagrant délit lorsqu'ils servirent du vin empoisonné. Ils avouèrent qu'ils avaient décidé cet acte de haute trahison parce que le roi avait mis Mardochée au-dessus d'eux et qu'ils avaient espéré pouvoir accuser ce dernier de ce crime... Les deux coupables furent pendus... Mardochée le Juif, le loyal chef des chambellans, sera récompensé le plus tôt possible. »

Gabriel lisait le récit avec tant d'art et citait le nom de Mardochée d'une voix si tendre que le roi en fut bercé et s'endormit. Maintenant, il rêvait qu'Haman se tenait au-dessus de lui ; sa main, qui tenait une épée, était levée. Le roi se réveilla en sursaut. Il entendit marcher dans le vestibule. « Qui est là? », demanda-t-il, et ses serviteurs lui répondirent que c'était Haman.

Tout cela n'était peut-être pas un rêve, pensa le roi, et il fit introduire Haman.

« Dis-moi, Haman, bon conseiller, comment le roi peut-il honorer un de ses sujets ? »

Haman se réjouit à ces paroles, car il pensait que c'était lui la personne en question.

Feignant l'indifférence et d'un air modeste, il répondit : « L'homme que le roi veut honorer devrait vêtir les habits royaux et, avec la couronne royale sur la tête, il devrait passer dans les rues de la capitale, assis sur le cheval du roi, tandis que les plus hauts fonctionnaires de l'État devraient marcher devant lui et crier : “Ainsi est-il fait à l'homme que le roi désire honorer !” »

Ah ! pensait le roi, ce coquin a vraiment des vues sur ma couronne, et en clignant l'œil, il ordonna à Haman de se dépêcher et de faire tout cela à Mardochée. Haman prétendit ne pas comprendre et ne pas savoir de quel Mardochée il était question. À quoi le roi lui répondit qu'il s'agissait naturellement de Mardochée, le Juif. « Mais, il y a beaucoup de Juifs qui s'appellent Mardochée », se lamenta Haman.

Mais le roi lui répondit que le Mardochée dont il était question était celui qui se tenait près des grilles du palais. Haman fondit en larmes, en déclarant que Mardochée était son ennemi juré et qu'il préférait lui donner dix mille étalons d'argent plutôt que de lui accorder cet honneur.

« En effet, donne-lui l'argent, mais qu'il lui soit accordé également l'honneur que tu as proposé. »

Mais Haman ne se déclara pas encore vaincu et supplia : « Ô Roi, vas-tu accorder tant d'honneurs à un Juif ? »

Alors le roi se fâcha et s'écria : « Quelle insolence ! Ne suffit-il pas que Mardochée m'ait sauvé la vie ? Assez de discussions. Rends-toi immédiatement chez Mardochée et exécute mes ordres à la lettre, si tu tiens à la vie. »

Cette nuit-là, le roi ne pouvait trouver le sommeil...

Esther 6, 1

Cette nuit-là, des cris d'appel furent adressés aux cieux. Les larmes et les prières des Juifs en détresse, leur repentir et leurs remords sincères en percèrent toutes les voûtes. Les anges consternés se demandaient si D.ieu voulait vraiment anéantir le monde.

Personne ne dormait. Mardochée et les Juifs étaient en prières et imploraient D.ieu. Esther était occupée à préparer le banquet pour le roi et Haman. Même le méchant Haman passa la nuit sans trouver le sommeil. Car il était en train de préparer la potence pour Mardochée. Seul, le roi Assuérus dormait calmement.

Lorsque le Seigneur vit Assuérus dormir si paisiblement, il dit à Gabriel : « Mes enfants sont en danger mortel et ce sot dort tranquillement ! Rends-toi auprès de lui pour troubler son sommeil. »

Le roi s'éveilla subitement et ne put se rendormir. Un grave soupçon lui traversa l'esprit et il se demanda pour quelle raison Esther avait invité Haman à assister au banquet. Ne seraient-ils pas, tous deux, en train de comploter contre lui ? Il commença à s'agiter dans son lit, se tournant et se retournant, pour essayer de chasser ses craintes. Il se disait : « Il se trouvera certainement un serviteur fidèle dans ma maison qui m'avertira en cas de grave danger, à moins que j'aie omis de le récompenser comme il aurait dû l'être. »

« Chamchi, cria le roi, apporte-moi le Livre des Mémoires et lis-moi ce qu'il y est écrit sur les récents événements qui se sont produits ici au palais. Dépêche-toi. »

Chamchi, le fils d'Haman, qui cette nuit-là remplissait auprès du roi les fonctions de chambellan, apporta le livre et se prépara à faire la lecture au roi. En rouvrant, les yeux de Chamchi tombèrent sur le récit rapportant comment Mardochée sauva la vie du roi en lui révélant le complot tramé par Bightan et Thérèch. Chamchi avait hâte de tourner la page, mais celle-ci se retourna d'elle-même. Le roi, qu'une telle maladresse impatientait, se fâcha et dit : « Pourquoi tournes-tu les pages dans tous les sens ? Commence à lire et n'hésite plus. »

D'une voix tremblante, le serviteur lui dit qu'il ne voyait pas bien clair, lorsque, tout à coup, les mots prirent vie : l'ange Gabriel lisait l'histoire de la loyauté de Mardochée et il n'omettait naturellement aucun détail. Tout en écoutant la lecture de Gabriel, le roi avait les yeux fermés : « ... Dans la septième année du règne du grand et puissant Assuérus, deux chambellans du roi, Bightan et Thérèch, formèrent le projet de porter la main sur le roi. Mardochée le Juif, le loyal chef des chambellans, eut connaissance de leur dessein, ayant surpris la conversation de ces deux traîtres. Il en informa la reine Esther et Esther le rapporta au roi... Les deux coquins furent pris en flagrant délit lorsqu'ils servirent du vin empoisonné. Ils avouèrent qu'ils avaient décidé cet acte de haute trahison parce que le roi avait mis Mardochée au-dessus d'eux et qu'ils avaient espéré pouvoir accuser ce dernier de ce crime... Les deux coupables furent pendus... Mardochée le Juif, le loyal chef des chambellans, sera récompensé le plus tôt possible. »

Gabriel lisait le récit avec tant d'art et citait le nom de Mardochée d'une voix si tendre que le roi en fut bercé et s'endormit. Maintenant, il rêvait qu'Haman se tenait au-dessus de lui ; sa main, qui tenait une épée, était levée. Le roi se réveilla en sursaut. Il entendit marcher dans le vestibule. « Qui est là? », demanda-t-il, et ses serviteurs lui répondirent que c'était Haman.

Tout cela n'était peut-être pas un rêve, pensa le roi, et il fit introduire Haman.

« Dis-moi, Haman, bon conseiller, comment le roi peut-il honorer un de ses sujets ? »

Haman se réjouit à ces paroles, car il pensait que c'était lui la personne en question.

Feignant l'indifférence et d'un air modeste, il répondit : « L'homme que le roi veut honorer devrait vêtir les habits royaux et, avec la couronne royale sur la tête, il devrait passer dans les rues de la capitale, assis sur le cheval du roi, tandis que les plus hauts fonctionnaires de l'État devraient marcher devant lui et crier : “Ainsi est-il fait à l'homme que le roi désire honorer !” »

Ah ! pensait le roi, ce coquin a vraiment des vues sur ma couronne, et en clignant l'œil, il ordonna à Haman de se dépêcher et de faire tout cela à Mardochée. Haman prétendit ne pas comprendre et ne pas savoir de quel Mardochée il était question. À quoi le roi lui répondit qu'il s'agissait naturellement de Mardochée, le Juif. « Mais, il y a beaucoup de Juifs qui s'appellent Mardochée », se lamenta Haman.

Mais le roi lui répondit que le Mardochée dont il était question était celui qui se tenait près des grilles du palais. Haman fondit en larmes, en déclarant que Mardochée était son ennemi juré et qu'il préférait lui donner dix mille étalons d'argent plutôt que de lui accorder cet honneur.

« En effet, donne-lui l'argent, mais qu'il lui soit accordé également l'honneur que tu as proposé. »

Mais Haman ne se déclara pas encore vaincu et supplia : « Ô Roi, vas-tu accorder tant d'honneurs à un Juif ? »

Alors le roi se fâcha et s'écria : « Quelle insolence ! Ne suffit-il pas que Mardochée m'ait sauvé la vie ? Assez de discussions. Rends-toi immédiatement chez Mardochée et exécute mes ordres à la lettre, si tu tiens à la vie. »

On pendit Haman au gibet qu'il avait préparé pour Mardochée...

Esther 7, 10

Le roi Assuérus, la nuit du banquet qui lui était offert, était d'une excellente humeur. La détente de la journée passée se reflétait encore sur son visage. Comme cela avait été comique de voir Haman accorder tant d'honneurs à son pire adversaire. Il avait reçu une leçon bien méritée.

Et Assuérus, s'adressant tendrement à Esther, lui dit : « Esther, ma Reine, tu as certainement un souhait que tu aimerais que j'exauce. Tu n'as sûrement pas organisé ces deux banquets pour faire plaisir à Haman ? Dis-moi quel est ton désir. Je t'accorderai même la moitié de mon empire, seulement ne me demande pas la permission pour les Juifs de reconstruire leur Temple, car il se trouve dans la moitié du royaume que je me réserve. »

Esther, jugeant que les grands honneurs faits à Mardochée pendant la journée étaient un signe favorable du Ciel, avait retrouvé sa confiance et son assurance en elle-même, et, d'une voix pleine d'émotion, elle répondit au roi : « Je ne souhaite qu'une chose : c'est que ma vie et celle de mes compatriotes soient préservées, car nous devons, mon peuple et moi-même, être perfidement et impitoyablement exterminés, égorgés et anéantis... »

Le roi prit alors la parole et dit à son épouse : « Qui ose faire une chose pareille ? »

Esther répondit, en tendant un doigt accusateur du côté d'Haman : « C'est notre oppresseur et notre ennemi, cet odieux Haman. C'est lui qui a voué au malheur la reine Vachti et c'est lui encore qui veut m'ôter la vie... »

Haman fut atterré et devint pâle. Il se mit à genoux devant la reine en la priant de lui faire grâce de la vie. Mais le roi, fou de rage, lui dit : « C'est donc toi qui as osé comploter dans ma maison contre ma femme ? » Sur quoi, il quitta la table et sortit dans le jardin pour prendre l'air.

À sa grande surprise, il s'aperçut que quelques hommes étaient en train de couper et d'abattre les arbres rares et exotiques de son jardin. En réalité, c'étaient des anges venus du ciel pour éveiller en lui un indomptable sentiment de rage contre Haman. Le roi se mit à hurler :

« Qui vous a dit de faire ce travail ? » et les jardiniers de répondre : « C'est Haman qui nous a donné l'ordre d'abattre ces arbres. »

Comme un fauve blessé, le roi se précipita vers la salle de fête et trouva l'infortuné Haman épuisé et abattu sur le lit d'Esther. À cet instant, ‘Harbona, un des serviteurs du roi, dit à son maître : « N'as-tu pas appris, ô Roi, qu'Haman a fait dresser pour Mardochée, que tu honores, une potence de 50 coudées de haut ? Vois, elle est plus haute que sa maison. »

« Qu'on y pend'Haman ! », répondit le roi.

C'est ainsi qu'Haman fut pendu à la potence même qu'il avait préparée pour Mardochée. Lorsqu'il eut expiré, la colère du roi s'apaisa.

Alors Mardochée quitta le roi et sortit, revêtu d'un costume royal, violet et blanc, avec une grande couronne d'or et un manteau de lin blanc et pourpre. Et la ville de Suse poussait des cris de joie et d'allégresse.

Esther 8, 15

Les Juifs instituèrent et établirent pour eux... et pour leur postérité, l'obligation de célébrer, chaque année, ces deux jours...

Esther 9, 27

Le roi Assuérus avait de bonnes raisons d'être fier d'Esther : il avait appris, en effet, qu'elle descendait de la famille royale de Saül, le premier roi des Juifs. Lorsqu'il sut que Mardochée était également issu de cette noble famille et qu'il était le cousin d'Esther, il le nomma successeur d'Haman.

Le roi fit présent à Esther du palais d'Haman, et donna à Mardochée l'anneau royal qu'il avait repris à Haman.

Bien que Mardochée et Esther fussent profondément reconnaissants envers le roi pour les faveurs accordées, et bien qu'ils eussent pu se sentir en sécurité sous la protection de celui-ci, ils ne perdaient pas un seul instant de vue leur vrai but. Le décret cruel d'Haman était toujours en vigueur et s'il n'était pas révoqué, les Juifs seraient perdus.

Aussi, Esther implora de nouveau le roi en faveur de ses frères condamnés à périr. Se jetant à genoux et les yeux pleins de larmes, elle supplia le roi d'épargner aux Juifs le sort terrible qui les attendait et s'écria, d'une voix angoissée : « Comment pourrais-je supporter qu'on s'attaque à mes frères et assister en témoin au massacre de mes parents ? »

Le roi, profondément touché, aurait voulu alléger sa douleur. Malheureusement, il était très difficile d'abroger le décret en question, puisque celui-ci avait été promulgué sur son ordre et portait le sceau de l'anneau royal. Il était, hélas, irrévocable.

Une solution fut enfin trouvée. Un nouveau décret fut publié, déclarant qu'Haman avait abusé de la confiance du roi en faisant paraître des décrets falsifiés. Au lieu de décréter la suppression des persécutions des Juifs sur tout le territoire de Perse – ce qui était la véritable intention du roi – Haman, le traître, avait ordonné l'extermination des loyaux citoyens juifs. D'ailleurs, la pendaison d'Haman, sur l'ordre exprès du roi, était une preuve éclatante que celui-ci avait désapprouvé sa politique.

Une fois encore, les scribes furent convoqués pour préparer les nouveaux édits qui, cette fois, furent dictés par Mardochée lui-même. Des messagers royaux montés sur les coursiers les plus rapides se rendirent immédiatement dans chacune des cent vingt-sept provinces de l'Empire perse, qui s'étendait de l'Inde à l'Éthiopie, pour remettre les nouveaux édits aux satrapes et princes de ces pays.

Par ordonnance royale, les Juifs furent autorisés à s'assembler à la date du 13 Adar pour se défendre contre leurs ennemis et même attaquer et tuer tous ceux qui s'en prendraient à eux.

La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre, jusque dans les coins les plus reculés de l'Empire, et tous se mirent à traiter les Juifs avec respect.

À l'arrivée du 13 Adar, date à laquelle les Juifs auraient dû être exterminés par Haman et ses forces, ils s'assemblèrent sur les places publiques de chaque ville et village, condamnant à mort, par ordre du roi, tous ceux qui s'étaient montrés méchants et cruels. Soixante-quinze mille hommes qui avaient été prêts à porter la main contre les Juifs, furent mis à mort, plus cinq cent à Suse, ainsi que les dix fils d'Haman.

Lorsque le roi annonça la nouvelle à Esther, il lui demanda si elle était satisfaite.

« Il y a encore, à Suse, de nombreux et redoutables ennemis des Juifs qui ne sont pas arrêtés et qui doivent être exterminés si le pays veut vivre en paix. Si le roi le juge bon, la journée de demain sera consacrée à juger, à Suse, les derniers ennemis des Juifs, car ils sont, en même temps, les ennemis de l'humanité. Et il faut également pendre les fils d'Haman. »

La requête d'Esther lui fut immédiatement accordée et, tandis que les Juifs des autres villes célébraient le 14 Adar, ceux de Suse étaient fort occupés, ce jour-là, à délivrer la capitale des scélérats et des criminels. Ils célébrèrent le lendemain le grand jour de leur miraculeux salut.

C'est ainsi qu'il fut décidé que le 14 Adar serait choisi comme le jour de la fête de Pourim, pour commémorer la fin miraculeuse de la persécution de notre peuple et la chute du perfid'Haman.

Les Juifs qui vivaient dans les villes fortifiées, à l'instar de Suse, adoptèrent le 15 Adar, et ce jour de fête est appelé aujourd'hui « Chouchane Pourim » (Pourim de Suse).

Au ciel même, ces deux jours sont considérés comme des jours de fête éternels. Ce sont des jours de joie et de réjouissances et, à cette occasion, les Juifs s'envoient mutuellement des « Michloa'h Manoth » (en général des gâteaux et des boissons) et les pauvres reçoivent des dons.

En même temps, les Juifs décidèrent également que le 13 Adar, veille de Pourim, serait un jour de jeûne, appelé « Jeûne d'Esther », en souvenir de leurs prières et de leurs jeûnes récents et pour essayer de rivaliser en repentir et en ferveur religieuse.

Depuis vingt-trois siècles, chaque génération de Juifs célèbre chaque année la Fête de Pourim. Pour les ennemis d'Israël, pour les Haman de tous les temps, cette Fête de Pourim est un avertissement solennel. Pour nous, cette merveilleuse fête nous redonne sans cesse courage et foi et fortifie notre dévotion et notre attachement à notre grand D.ieu miséricordieux. Elle est, en même temps, le signe précurseur et certain de notre salut qui ne tardera pas à venir.

Article publié par NISSAN MINDEL, chabad.org

 

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